Écrit par Damien

NDLR : Puisque Sherlock Holmes l'avait demandé dans un article précédent, voici aujourd'hui le récit palpitant d'un vol de la Classe Vitesse en 2010, écrit par Damien, qui ce jour là a fini 2ème de l'épreuve.
Si la lecture de ce récit vous rappelle vous aussi des souvenirs d'un Concours de Bailleau passé, n'hésitez pas à nous les envoyer, et nous les publierons ...

 

Bailleau, le 9 Août 2010 !

 

Eva et moi concourront chacun notre tour en Classe Vitesse à bord du LS8 du club, surnommé « ZZ ».Nous sommes au cœur du 36ème Concours International de Bailleau. Eva et moi concourront chacun notre tour en Classe Vitesse à bord du LS8 du club, surnommé « ZZ ».

Pour être plus précis, étant donné que j'ai déjà fait un petit concours quelques semaines plus tôt, et afin de respecter le principe d'équité, c'est surtout Eva qui vole, et moi, je fais quelques épreuves quand elle est relativement rassasiée.

 

Bref, l'égalité, c'est bien, mais moi, j'ai le couteau entre les dents, et aujourd'hui, c'est mon jour ...

En plus, ce matin mon horoscope à la radio m'annonce : "Aujourd'hui, personne n'arrive à vous suivre !"

P'tit déj’, café, préparation de la machine, mise en piste, et c'est déjà l'heure du briefing.

 

Belle, voire très belle météo annoncée. Par ailleurs, mon copain René qui m'avait bluffé les jours précédents avec Wetter-Jetz (que je ne connaissais pas avant) me confirme que la météo risque bien d'être très bonne, et que nous partons bien « nous battre » dans la meilleure zone possible aujourd’hui …

Grosse, très grosse envie de voler, horoscope, météo prévue, tous les voyants sont au vert. C'est le cœur léger que je me rends en piste en me répétant la devise du groupuscule fanatique auquel j'appartiens : LE 4M OU LA MORT !!

 

On laisse décoller les copains de la classe Grands Vols dès le début de la convection. Nous, on est comme Brice, on attend le Vario :)

Bon, les copains d'abord, c'est sympa, mais j'ai envie de voler moi.

 

12h15, ça y est, c'est à nous !

C'est le cœur léger que je me rends en piste en me répétant la devise du groupuscule fanatique auquel j'appartiens : LE 4M OU LA MORT !!Décollage, accrochage facile, la porte s’ouvre. C'est déjà très bon en local, et dans aussi ce que je peux voir de notre zone de vol. Ah, au fait, c'est quoi déjà le circuit du jour ?

Ah oui, Bailleau - La Loupe - Pithiviers - Briare - Courtenay - Bailleau.
Bon, ben, c'est parti alors, on y va.

 

10 km de faits, 200 mètres de perdus, premier choix de cheminement. Ah attention, il y a un bel alignement qui se profile sur l'axe, mais faudrait attendre un peu. Ca pompe facile, ca vaut le coup de reprendre le départ. Demi tour, puis plafond, maintenant l'alignement est au RDV : je prend un second départ. C'est très très bon, attention à la vitesse limite pour le passage de la ligne, quand même !

 

Au bout de 10 km, je vois un planeur en spirale, c'est René qui est très bien classé au général et avec qui je suis en fréquence. Salut René ! Il m'avouera après le vol qu'il avait vu mon premier départ, et qu'il avait attendu un peu pour jouer à Pac-Man. C'est l'arroseur arrosé.

Un peu énervé, il commence alors à mettre les gaz avec son beau Ventus 2c, et il vole entre 180 et 200 Km/h jusqu'à quelques kms de La Loupe. Pas de problème, moi aussi je sais faire, je m'accroche, mon lascar !

 

C'est vraiment fumant, je ne suis jamais allé aussi vite à La Loupe.

 

Demi tour, puis plafond, maintenant l'alignement est au RDV : je prend un second départBon, un Ventus, ca vole quand même mieux qu'un LS8, et j'arrive plus bas que René à la première pompe. C'est pas grave, j'ai le coeff pour moi, et je suis bien dans le rythme. Je vais virer et j'avance, il commence à y avoir du plafond, mais je n'ai pas peur d'aller chercher le vario assez bas. Je suis à quelques km de Pithiviers déjà, 500m, et un 5m/s centré en 2 tours, ça c'est cool ! René est un peu devant, c'est toujours fumant pour lui.

 

Et là, petite erreur psychologique : je vois Robbie, le leader, me rattraper par le bas, me suivre, et me doubler par le haut. Lui aussi est en LS8. Je me dis alors que je vais le suivre : il est premier au général, il me double, il est forcément parti après moi...

Mais je n'y arrive pas, je suis maintenant 300m plus bas, je me fais distancer, et à force de suivre, je perds le rythme de mon vol. Il fait un gros écart de cap par rapport à la météo.

 

Je décide alors de reprendre MON vol et d'aller tout droit, à fond. Juste avant Briare, à nouveau un beau vario et je repasse Robbie par le haut. YES !

Mais alors, si ca se trouve, c'est lui qui est parti devant et c'est moi qui le double ??? Scrogneugneu, vivement les départs en régate se démocratisent ... Une journée comme aujourd'hui, ça aurait vraiment été un régal ...

 

Je vois Robbie, le leader, me rattraper par le bas, me suivre, et me doubler par le haut, je me dis alors que je vais le suivreBref, je rattrape alors après Briare un paquet de planeurs, qui eux aussi cheminent beaucoup par rapport à la météo. On ne me la fera pas deux fois. Cette fois, je fais mon vol et vais tout droit chercher le gros vario tout seul. Mince, je ne le trouve pas. Trop sur de moi ?

Et en plus, le paquet me passe bien haut au dessus juste avant Courtenay. Mais c'est pas possible, et mon horoscope alors ?

 

Ne nous fâchons pas, le vol n'est pas fini, il reste un peu plus de 100 km, mais faut plus faire d'erreurs...

Bon, du calme, je fais abstraction des planeurs, mais je reste dans la philosophie FLNVV, et je ne m'arrête que dans les gros varios, quitte à descendre bas.
Ca fonctionne pas mal, je redouble un à un les planeurs du fameux paquet.

 

On passe le Loing, il y a du plaf mais je ne vais pas jusqu'en haut, un grand plané à faire avant de rejoindre une rue sous les cirrus, qui s'aligne et passe légèrement sud de Chartres.

Sous la rue, je cherche alors plus à cheminer qu’à trouver le gros vario, je ralentis, ca marche, je gagne sur le plan petit à petit, mais ça pousse pas fort. Ces satané cirrus ne vont quand même pas gâcher la fin de ce si beau vol ?
Un peu après Etampes, ca pousse un peu plus, j'essaye, quelques tours, c'est pas exceptionnel, mais pas mal, j'assure le plan avec un peu de sécu.

 

Damien à l'atterrissage, à bord du Zoulou ZoulouEt c'est déjà l'arrivée ??!!

La moyenne devrait être bonne. Peu de planeurs sur la piste, ça devrait pas être mal, ça !

Petite Bière, petite douche, gros calin à Victor et à sa maman, et je vais aux résultats ...

 

C'est pas mal, je fais 2ème, à une vingtaine de points du premier.

Le point irritant, c'est que le premier est un LS4 ! Pour ma défense, il parait que c'est un petit jeune de Chartres qui vole pas mal du tout.
Il s'appelle Julien Henry, vous connaissez ?

 

Je conclurais que ce système de classes Vitesse et Grands Vols me séduit, dans la mesure où je peux faire une compétition complètement en fonction de mes envies, et pas uniquement de la machine dont je dispose.

Perso, je préfère l'aspect Course en Planeur, et accessoirement profiter un peu plus de ma petite famille ...

 

Et quand je vois les inscriptions en cours pour l'année 2011, je me dis que je ne suis peut-être pas le seul ...

 

NDLR : Ce jour là, Damien a tourné a 122 km/h sur un circuit de 370 km.
Mais même à cette vitesse, ce n'etait pas lui le + rapide, puisque c'est pendant la même épreuve que René-Louis Gavard, de Buno, a remporté le Trophée Le Maon de la meilleure vitesse du championnat (127 km/h)



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Mise à jour le Vendredi, 13 Mai 2011 21:34